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Azurite : le bleu de cuivre des peintres, tendre et sœur de la malachite

Bloc de roche claire couvert de petits cristaux d’azurite d’un bleu profond et brillant
Azurite de Chessy (Rhône), le gisement qui lui a donné le nom de chessylite. Photo : Holger Krause, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L’azurite est un carbonate de cuivre d’un bleu azur intense, qui se forme avec la malachite dans les parties altérées des gisements de cuivre et peut se transformer en elle. Tendre et facile à fendre, elle a longtemps servi de pigment bleu, et se porte avec beaucoup de précautions.

Publié le

Carte d'identité

Azurite

Cu₃(CO₃)₂(OH)₂

Famille minérale
Carbonate de cuivre hydroxylé
Couleurs
  • Bleu
Dureté (échelle de Mohs)

3,5 à 4 sur 10

Échelle ordinale : elle classe les minéraux du plus tendre au plus dur, sans mesurer l'écart entre deux degrés.

Autres noms
Chessylite (de Chessy, près de Lyon), Azurmalachite (azurite mêlée de malachite)
Origines
France (Chessy, près de Lyon), Namibie (Tsumeb), Maroc (Touissit), États-Unis (Arizona : Bisbee, Morenci), Mexique, Australie, Italie (Sardaigne), Russie (Altaï), Chine
Traitements courants
Aucun traitement courant signalé par nos sources.
Imitations courantes
Aucune imitation courante signalée par nos sources.

Qu’est-ce que l’azurite ?

L’azurite est un carbonate de cuivre, de formule Cu₃(CO₃)₂(OH)₂, selon le Handbook of Mineralogy, l’ouvrage de référence des minéralogistes. Sa couleur est un bleu azur intense, parfois très foncé, parfois pâle, selon le Handbook.

Elle forme de petits cristaux brillants, au bel éclat vitreux, souvent groupés en croûtes, en rosettes ou en boules. Le Handbook cite des cristaux jusqu’à 30 cm. Frottée sur une porcelaine dépolie, elle laisse un trait bleu, plus clair que la pierre elle-même, d’après la Britannica de 1911.

Son nom vient de sa couleur. Le Handbook le rattache au persan lazhward, le bleu, et la Britannica de 1911 précise qu’il a été donné par le minéralogiste F. S. Beudant en 1824. On l’a aussi appelée chessylite, d’après Chessy, près de Lyon, qui a fourni les plus beaux cristaux, selon la même encyclopédie.

L’azurite et la malachite : quel lien ?

C’est la clé pour comprendre l’azurite. Ce sont deux carbonates de cuivre très proches, qui se forment au même endroit.

La Britannica de 1911 explique que l’azurite se forme quand de l’eau chargée de gaz carbonique et d’oxygène altère les minerais de cuivre, dans les parties hautes des gisements. Elle y côtoie la malachite, verte. Gems & Gemology, la revue du GIA, ajoute que les deux minéraux se trouvent rarement l’un sans l’autre.

Il y a plus. L’azurite contient un peu moins d’eau que la malachite, et elle peut se transformer en malachite, selon la Britannica. On trouve souvent des malachites qui ont gardé la forme exacte de cristaux d’azurite : ce sont des pseudomorphoses. Gems & Gemology résume ce lien en décrivant la malachite comme la forme altérée de l’azurite.

Polies ensemble, les deux donnent une pierre bleue et verte, que notre fiche sur la malachite appelle azurmalachite.

Où trouve-t-on l’azurite ?

Dans les zones oxydées des gisements de cuivre, selon le Handbook of Mineralogy. Elle est répandue, et beaucoup de mines en ont donné de beaux cristaux. Le Handbook et la Britannica citent notamment :

  • la France, à Chessy, près de Lyon, gisement historique ;
  • la Namibie, à Tsumeb, réputée pour ses cristaux exceptionnels ;
  • le Maroc, à Touissit, pour de grands cristaux ;
  • les États-Unis, surtout l'Arizona (Bisbee, Morenci) ;
  • le Mexique, l'Australie, la Sardaigne, l'Altaï russe et la Chine.

En Arizona et en Australie-Méridionale, on l’a même exploitée comme minerai de cuivre, rapporte la Britannica de 1911 : elle contient environ 55 % de cuivre.

Quelle est sa dureté ?

Faible : 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs, qui va de 1 à 10, selon le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911.

Elle est aussi cassante et possède un clivage parfait, d’après le Handbook. Gems & Gemology souligne que ces deux défauts, sa faible résistance et sa facilité à se casser le long des plans de clivage, ont beaucoup limité son usage décoratif. La Britannica de 1911 notait déjà qu’on la taillait et la polissait bien moins que la malachite.

L’azurite est-elle traitée ou imitée ?

Nos sources ne signalent ni traitement courant ni imitation courante de l’azurite. Nous ne pouvons donc rien en dire de plus, et nous préférons ne pas combler ce vide.

Comme pour toute pierre, demandez au vendeur ce qu’il sait de celle qu’il vous propose. Notre guide sur la vraie et la fausse pierre donne la méthode générale.

Gros cristaux d’azurite bleu nuit, en partie couverts d’un dépôt vert, sur une roche brune
Azurite de Tsumeb (Namibie). Photo : Holger Krause, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Vertus de l’azurite selon la tradition

Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.

Les « vertus » de l’azurite sont des croyances. Son histoire, elle, est d’abord celle d’une couleur.

Le bleu des peintres

Selon Gems & Gemology, la revue du GIA, l’azurite a été « l’épine dorsale » des pigments bleus au Moyen Âge et à la Renaissance. Broyée, elle donnait un bleu vif. On la retrouve dans le fond bleu de manuscrits enluminés, à côté de la feuille d’or, et sur de célèbres paravents japonais, où son bleu profond côtoie le vert de la malachite sur fond doré.

La même revue note que l’azurite est beaucoup moins abondante que la malachite, mais qu’elle a pourtant été plus employée comme pigment. Les deux couleurs sont tombées en désuétude parce que leur teinte dépend de la finesse du broyage : plus le grain est fin, plus le bleu pâlit.

Un usage très ancien

Gems & Gemology rapporte que l’azurite et la malachite ont peut-être d’abord servi de fards. Des grains d’azurite pure ont été trouvés dans des sépultures néolithiques de Çatalhöyük, en Turquie actuelle, datées vers 6700 avant notre ère, où le minéral servait probablement de cosmétique.

Le caeruleum de Pline

La Britannica de 1911 indique que Pline l’Ancien connaissait déjà ce minéral sous le nom de caeruleum, le bleu du ciel.

Aujourd’hui

Les vertus que la lithothérapie moderne prête à l’azurite relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.

Entretien et rangement

L’azurite est tendre et fragile. C’est l’une des pierres les plus délicates à porter.

Elle se raye facilement. Sa dureté n’est que de 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911. Une pierre de quartz, comme l’agate ou l’améthyste, la marque au moindre frottement.

Elle se fend. Le Handbook la dit cassante, avec un clivage parfait. Gems & Gemology précise que son usage décoratif est limité par sa faible résistance et par sa tendance à se casser le long de ses plans de clivage. Évitez les chocs.

En pratique :

  • essuyez-la avec un chiffon doux et sec ;
  • rangez-la à part, comme la Gem-A le conseille pour tous les bijoux, pour que les pierres plus dures ne la rayent pas.

Nous n’avons pas trouvé de source propre à l’azurite sur l’eau, les produits ménagers, les ultrasons ou la vapeur. Par prudence, évitez de la mouiller longtemps et n’utilisez ni ultrasons ni vapeur, comme pour la malachite, sa proche parente.

Questions fréquentes

Quelle différence entre l’azurite et la malachite ?

Ce sont deux carbonates de cuivre. L’azurite est bleue, la malachite verte. Selon la Britannica de 1911, la malachite contient un peu plus d’eau et un peu moins de gaz carbonique, et l’azurite peut se transformer en malachite. Gems & Gemology décrit la malachite comme la forme altérée de l’azurite.

Pourquoi l’azurite devient-elle verte ?

Parce qu’elle peut s’altérer en malachite, explique la Britannica de 1911. On trouve d’ailleurs souvent des malachites qui ont gardé la forme de cristaux d’azurite : on parle de pseudomorphoses.

D’où vient le nom azurite ?

De la couleur azur. Le Handbook of Mineralogy le rattache au persan lazhward, le bleu. Selon la Britannica de 1911, le nom a été donné par le minéralogiste F. S. Beudant en 1824 ; on l’a aussi appelée chessylite, d’après Chessy, près de Lyon.

Peut-on porter l’azurite au quotidien ?

Avec beaucoup de précautions. Elle est tendre (3,5 à 4) et se fend facilement le long de ses plans de clivage, selon le Handbook of Mineralogy et Gems & Gemology. Évitez les chocs et les frottements.

Sources

  1. J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Azurite (PDF)
  2. Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Azurite » (Wikisource)
  3. B. LeCroy, Gems on Canvas: Pigments Historically Sourced from Gem Materials, Gems & Gemology (automne 2022) (source culturelle, sur la tradition)
  4. Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery (P. Daly)