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Malachite : la pierre verte à bandes, un minéral de cuivre

Malachite polie d’un vert intense, aux bandes concentriques claires et foncées, sur fond noir
Malachite polie de République démocratique du Congo. Photo : Parent Géry, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

La malachite est un carbonate de cuivre, d’un vert vif, dont la coupe montre des bandes claires et foncées en courbes. Tendre et sensible aux acides, c’est une pierre décorative magnifique mais qui demande des précautions.

Publié le

Carte d'identité

Malachite

Cu2(CO3)(OH)2

Famille minérale
Carbonate de cuivre
Dureté (échelle de Mohs)

3,5 à 4 sur 10

Autres noms
Azurmalachite (malachite mêlée d’azurite)
Origines
République démocratique du Congo (Katanga), Russie (Oural), Namibie (Tsumeb), Australie, États-Unis (Arizona), France (Chessy, près de Lyon, gisement historique)
Traitements courants
Aucun traitement courant signalé par nos sources.
Imitations courantes
Verre en couches fondues (GIA) ; Malachite synthétique (fin des années 1980, Russie) ; Malachite reconstituée : à nommer « reconstituée » en France

Qu’est-ce que la malachite ?

La malachite est un carbonate de cuivre, de formule Cu₂(CO₃)(OH)₂. Le Handbook of Mineralogy, une référence de la Société minéralogique d’Amérique, la décrit comme un minéral secondaire courant : elle se forme dans la zone où les gisements de cuivre s’altèrent au contact de l’air et de l’eau. Elle peut même, par endroits, servir de minerai de cuivre.

Gems & Gemology, la revue du GIA, précise sa parenté avec l'azurite, un autre carbonate de cuivre, bleu celui-là. La malachite en est la forme altérée, et les deux minéraux se trouvent rarement l’un sans l’autre. Polies ensemble, elles donnent une pierre bleue et verte que la Britannica de 1911 appelle azurmalachite.

D’où viennent ses bandes ?

C’est sa signature, que le GIA décrit comme un motif de croissance en bandes. Selon l'Encyclopædia Britannica de 1911, la malachite se présente rarement en cristaux. Elle forme plutôt des masses arrondies, en grappes ou en stalactites. Ces masses, souvent ternes à l’extérieur, révèlent à la coupe une belle structure en zones : des couches claires et foncées qui se succèdent en courbes. Les teintes vont du vert pomme au vert herbe, au vert émeraude et au vert-de-gris.

Certaines variétés ont une structure finement fibreuse, qui donne à la cassure un doux éclat soyeux.

Quelle est sa dureté, et pourquoi est-elle fragile ?

La malachite est tendre. Le Handbook of Mineralogy et Gems & Gemology donnent tous deux une dureté de 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs. À titre de comparaison, le quartz, comme l’améthyste, est à 7.

Elle a aussi un clivage parfait dans une direction, selon le Handbook : elle peut se fendre le long de ce plan. La Britannica de 1911 notait déjà qu’elle se polit aussi bien que le marbre, mais qu’elle est difficile à travailler, car elle tend à casser le long de ses couches courbes.

Les densités publiées diffèrent un peu. Le Handbook mesure 4,05 ; la Britannica de 1911 donnait 3,7 à 4. C’est nettement plus que le quartz, à 2,66 selon le GIA.

Où trouve-t-on la malachite ?

On en trouve dans la plupart des mines de cuivre, mais la belle malachite décorative est plus rare. Le Handbook of Mineralogy cite des gisements riches :

  • en République démocratique du Congo, dans la province du Katanga, autour de Lubumbashi et de Kolwezi ;
  • en Russie, dans les mines de l’Oural, autour de Nijni Taguil et d’Ekaterinbourg, d’où venaient autrefois de grandes masses pures ;
  • en Namibie, à Tsumeb ;
  • en Australie, à Broken Hill et à Burra ;
  • aux États-Unis, en Arizona, à Bisbee et Morenci ;
  • en France, à Chessy, près de Lyon.

Le GIA cite aussi le Kazakhstan, avec le Congo et l’Oural, parmi les gisements notables de malachite de qualité gemme.

Malachite synthétique, imitations, reconstituée : comment s’y retrouver ?

La malachite synthétique existe. Selon le GIA, des chercheurs russes en ont fabriqué à la fin des années 1980, en la faisant précipiter à partir de solutions. Elle ressemblait beaucoup à la naturelle, par l’aspect, la structure et la composition. Le GIA ne lui connaît plus de producteur aujourd’hui. Les gemmologues ont longtemps manqué de critères pour la reconnaître ; une étude du laboratoire du GIA, en 2010, a montré qu’on pouvait la séparer de la naturelle par l’analyse chimique des éléments en trace.

Les imitations sont des matières qui ressemblent à la malachite sans en être. Le GIA cite des couches de verre fondues, qui peuvent imiter son aspect en bandes.

La malachite reconstituée est un autre cas. En France, une pierre faite de matière naturelle fondue, agglomérée ou frittée doit être vendue sous le nom de « reconstituée » (décret n° 2002-65, article 4). La technique d’assemblage n’est pas nouvelle : la Britannica de 1911 décrit les meubles russes plaqués de malachite, dont les interstices étaient comblés de fragments et de poudre de malachite liés par un ciment.

Comment reconnaître une vraie malachite ?

À l’œil, quelques indices aident, sans remplacer un laboratoire.

  • Les bandes. Une malachite massive montre des bandes claires et foncées en courbes, souvent concentriques.
  • Le poids. Avec une densité autour de 4, la malachite est plus dense que le quartz (2,66).
  • Le vocabulaire du vendeur. « Reconstituée », « synthétique » et « d’imitation » doivent figurer sur l’étiquette quand c’est le cas.

Pour une pierre de valeur, seul un laboratoire de gemmologie peut confirmer qu’elle est naturelle.

Bloc de malachite de la mine de l’Étoile du Congo, vert sombre et bandé, exposé au Muséum
Malachite de la mine de l’Étoile du Congo, galerie de Minéralogie du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris. Photo : Marie-Lan Taÿ Pamart, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Vertus de la malachite selon la tradition

Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.

Les « vertus » de la malachite sont des croyances. Son histoire, elle, est longue et bien documentée, surtout comme couleur.

Un nom de plante

Le Handbook of Mineralogy et l'Encyclopædia Britannica de 1911 s’accordent : le nom vient du grec désignant la mauve, à cause de sa couleur, proche de celle de la feuille de mauve.

Une pierre des Anciens

Selon la Britannica de 1911, la malachite était peut-être l’une des pierres vertes que le naturaliste grec Théophraste rangeait sous le nom général de smaragdos. L’encyclopédie rapporte aussi l’hypothèse d’un auteur, J. L. Myres, selon laquelle elle pourrait être le soham, l’une des pierres du pectoral du grand prêtre dans la Bible hébraïque. Ce sont des hypothèses, présentées comme telles.

Le premier vert des peintres

Gems & Gemology raconte une histoire plus sûre : celle de la malachite comme pigment, peut-être le premier vert vif. En Égypte, elle servait de fard pour les yeux dès la période prédynastique. En Europe, elle a beaucoup compté dans la peinture de chevalet du XIVe au XVIIe siècle, avant d’être remplacée par des pigments synthétiques vers 1800. Au Japon, elle colore les célèbres paravents des Iris d’Ogata Kōrin, au début du XVIIIe siècle.

La même revue rapporte une ruse chinoise. Dès l’an 1000 environ, les collectionneurs recherchaient la patine verte des bronzes anciens. Sous les dynasties Song, Ming et Qing, des copies de bronzes étaient peintes au pigment de malachite pour imiter cette patine.

La pierre des tsars

La Britannica de 1911 décrit la Russie comme le pays de la malachite décorative : mosaïques, vases, tabatières, et jusqu’à des portes, des cheminées et des plateaux de table plaqués de fines lames. Certaines colonnes de la cathédrale Saint-Isaac, à Saint-Pétersbourg, sont des colonnes de fer creuses recouvertes de malachite.

Aujourd’hui

Les vertus que lui prête la lithothérapie moderne relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.

Entretien et rangement

La malachite est tendre et sensible. Sa dureté n’est que de 3,5 à 4 selon le Handbook of Mineralogy, et elle possède un clivage parfait. Elle se raye facilement : rangez-la à part, loin des autres pierres et des métaux.

Elle craint les acides. La Gemmological Association of Great Britain (Gem-A) indique que la malachite réagit aux acides, et que l’eau chlorée, le vinaigre ou le jus de citron peuvent l’abîmer. Retirez-la avant la piscine, la cuisine et le ménage.

Pas d’ultrasons, pas de trempage. Le GIA la range parmi les pierres sensibles à la chaleur et aux écarts de température, à ne pas mettre dans un nettoyeur à ultrasons. Il note aussi qu’une longue exposition à l’eau peut l’endommager, et que l’ammoniaque abîme son poli. Nettoyez-la rapidement à l’eau tiède savonneuse, avec un chiffon doux, puis séchez-la aussitôt.

Questions fréquentes

La malachite est-elle fragile ?

Oui. Sa dureté n’est que de 3,5 à 4, selon le Handbook of Mineralogy : elle se raye facilement. Elle réagit aussi aux acides, selon la Gem-A, et craint l’eau prolongée et l’ammoniaque, selon le GIA.

Peut-on se baigner avec un bijou en malachite ?

Mieux vaut l’éviter. La Gem-A signale que l’eau chlorée peut abîmer la malachite, et le GIA qu’une longue exposition à l’eau peut l’endommager.

La malachite peut-elle être synthétique ?

Oui. Le GIA rapporte que des chercheurs russes en ont fabriqué à la fin des années 1980, très proche de la naturelle. Il n’en connaît plus de producteur aujourd’hui. Seul un laboratoire peut les distinguer, par l’analyse des éléments en trace.

Qu’est-ce que la malachite reconstituée ?

En France, une pierre faite à partir de matière naturelle agglomérée doit porter la mention « reconstituée », selon l’article 4 du décret n° 2002-65. Demandez au vendeur si votre malachite est massive ou reconstituée.

D’où vient la malachite ?

Elle se forme dans la zone altérée des gisements de cuivre. Le Handbook of Mineralogy cite notamment le Katanga (Congo), l’Oural (Russie), Tsumeb (Namibie), l’Australie, l’Arizona, et un gisement historique à Chessy, près de Lyon.

Guides liés

Sources

  1. J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Malachite (Mineralogical Society of America, PDF)
  2. B. LeCroy, Gems on Canvas: Pigments Historically Sourced from Gem Materials, Gems & Gemology (automne 2022)
  3. C. M. Breeding et A. Shen, LA-ICP-MS Analysis as a Tool for Separating Natural and Synthetic Malachite, GIA (2010, PDF)
  4. GIA, An Introduction to Imitation Diamonds & Other Gems
  5. GIA, More than the Mohs Scale: Understanding Gem Durability (2016)
  6. GIA, Gems and Ultrasonic Cleaners (2015)
  7. Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery
  8. GIA, Amethyst (Gem Encyclopedia) : densité du quartz
  9. Légifrance, décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, article 4 (reconstituée, synthétique, imitation)
  10. Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Malachite » (Wikisource) (source culturelle, sur la tradition)