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Grenat : non pas une pierre, mais un groupe de minéraux

Cristal d’almandin rouge sombre, à faces nettes, dans sa roche
Grenat almandin d’Ústup (République tchèque). Photo : Zbynek Burival, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le grenat n’est pas une pierre unique mais un groupe de minéraux voisins, dont cinq espèces comptent en bijouterie : almandin, pyrope, spessartine, grossulaire et andradite. On le connaît surtout rouge, mais il existe dans presque toutes les couleurs, du vert de la tsavorite à l’orange de la spessartine.

Publié le

Carte d'identité

Grenat

Famille minérale
Groupe des grenats : silicates (almandin, pyrope, spessartine, grossulaire, andradite…)
Dureté (échelle de Mohs)

6,5 à 7,5 sur 10

Autres noms
Almandin, Pyrope, Grossulaire (dont la tsavorite verte), Spessartine, Andradite (dont le démantoïde vert), Rhodolite
Origines
Afrique (Kenya, Tanzanie, Madagascar, Namibie), République tchèque (Bohême, pyropes historiques), Inde, Sri Lanka, Myanmar, Brésil, États-Unis (Californie)
Traitements courants
Rarement : remplissage des fissures par une substance vitreuse (GIA)
Imitations courantes
Verre, qui peut imiter presque toutes les gemmes (GIA)

Qu’est-ce que le grenat ?

Le grenat n’est pas un minéral unique. Le GIA, le laboratoire de gemmologie américain, le décrit comme un groupe de minéraux étroitement apparentés, qui donne des pierres de presque toutes les couleurs.

Ce sont tous des silicates de même structure, mais de composition différente. La Britannica de 1911 les ramenait à six types chimiques, selon les métaux qu’ils contiennent : calcium, magnésium, fer, manganèse, aluminium ou chrome. Tous cristallisent dans le système cubique, souvent en jolis cristaux à douze ou vingt-quatre faces.

Selon le GIA, on compte plus de vingt espèces de grenat, mais seulement cinq sont importantes en bijouterie. Il ajoute que beaucoup de grenats sont des mélanges chimiques de deux espèces ou plus.

Quelles sont les espèces de grenat ?

Les cinq espèces qui comptent en bijouterie, selon le GIA :

  • l’almandin, un grenat de fer et d’aluminium, du violet au rouge ;
  • le pyrope, un grenat de magnésium et d’aluminium, lui aussi du violet au rouge. Son nom vient du grec pyrôpos, « aux yeux de feu », rappelle le GIA ;
  • la spessartine, un grenat de manganèse, orange à jaune ;
  • le grossulaire, un grenat de calcium, qui va de l’incolore au jaune, à l’orange et au rouge orangé, et dont la variété vert vif s’appelle la tsavorite ;
  • l’andradite, surtout jaune à verte, dont la variété gemme verte est le démantoïde.

Le GIA cite aussi la rhodolite, un grenat violet-rouge, mélange de pyrope et d’almandin.

Où le trouve-t-on ?

Partout, ou presque. Selon le GIA, le grenat rouge est l’une des gemmes les plus communes et les plus répandues : on le trouve dans des roches métamorphiques sur tous les continents. La tsavorite verte est plus rare, car elle demande des conditions de formation particulières.

Le GIA cite comme sources :

  • l'Afrique, qui fournit aujourd’hui une grande partie des grenats du monde : la tsavorite du Kenya, de Tanzanie et de Madagascar, le démantoïde et la spessartine de Namibie ;
  • la Bohême, dans l’actuelle République tchèque, d’où venaient les pyropes rouges si populaires à l’époque victorienne ;
  • et aussi le Myanmar, le Brésil, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, le Sri Lanka et la Californie.

Quelle est sa dureté ?

6,5 à 7,5 sur l’échelle de Mohs, selon le GIA et la Britannica de 1911, selon l’espèce. Le Handbook of Mineralogy précise par exemple :

  • almandin et spessartine : 7 à 7,5 ;
  • grossulaire et andradite : 6,5 à 7.

La densité varie aussi beaucoup : de 3,47 à 4,15 selon le GIA. La Britannica notait déjà qu’elle augmente des grenats de calcium et d’aluminium aux grenats de fer.

Le grenat est-il traité ou imité ?

Rarement traité. Selon le GIA, la plupart des grenats ne sont pas traités. Parfois, des fissures qui atteignent la surface sont remplies d’une substance vitreuse, pour améliorer la clarté apparente. Ces pierres demandent un soin particulier. En France, ce remplissage doit être déclaré par la mention « traitée » ou l’indication du traitement (décret n° 2002-65, article 2).

Imité par le verre. Le GIA rappelle que le verre est une imitation très ancienne, toujours employée, qui peut être fabriquée dans presque toutes les couleurs. Un « grenat » de verre doit être vendu comme imitation.

Nous n’avons pas trouvé de source fiable, parmi celles que nous avons pu lire, qui décrive les doublets grenat et verre : nous n’en parlerons donc pas.

Comment reconnaître un grenat ?

  • La couleur. Le grenat rouge est le plus courant, mais un grenat peut être vert, orange ou jaune.
  • La densité. Elle est élevée, 3,47 à 4,15 selon le GIA : un grenat paraît lourd pour sa taille, plus qu’un verre ou un quartz.
  • Le laboratoire. L’indice de réfraction, de 1,714 à 1,888 selon le GIA, se mesure au réfractomètre. Déterminer l’espèce exacte d’un grenat est, selon le GIA, un vrai défi de gemmologue.

Notre guide pour reconnaître une vraie pierre détaille les mentions que la loi impose.

Vertus du grenat selon la tradition

Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.

Les « vertus » du grenat sont des croyances. Son histoire, elle, est très ancienne et bien documentée par les musées.

Un nom de grenade

Selon l'Encyclopædia Britannica de 1911, le nom viendrait du latin granatum, la grenade : par sa couleur, il rappelle la pulpe du fruit, et par sa forme, ses grains. Une autre explication le rattache à granum, la cochenille, pour sa couleur.

De l’Égypte aux Mérovingiens

Le GIA cite un collier de perles de grenat rouge, trouvé dans une tombe égyptienne, vieux de plus de 5 000 ans. La Britannica rapporte que les Romains de l’Empire le gravaient volontiers, et que de fines plaques de grenat, de l’almandin, ornent les bijoux anglo-saxons et mérovingiens.

Les grenats de Bohême

Le GIA rappelle que les pyropes rouges des mines historiques de Bohême, dans l’actuelle République tchèque, furent très à la mode à l’époque victorienne. Le peigne ancien en pyrope de la collection nationale du Smithsonian en est un exemple célèbre.

Aujourd’hui

Le grenat est la pierre de naissance de janvier dans la liste suivie par le GIA, comme l’explique notre guide sur la pierre de naissance. Les vertus que lui prête la lithothérapie moderne relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.

Entretien et rangement

Selon le GIA, les différents grenats ont une dureté de 6,5 à 7,5 sur l’échelle de Mohs. La plupart supportent un port quotidien.

La plupart des grenats ne sont pas traités, indique le GIA. Mais certains, rarement, ont des fissures remplies d’une substance vitreuse, et demandent alors un soin particulier.

Pour le nettoyage, le GIA recommande une brosse douce et de l’eau tiède savonneuse, toujours sans risque. Rangez-le à part, loin des pierres plus dures.

Questions fréquentes

Le grenat est-il toujours rouge ?

Non. Selon le GIA, les grenats existent dans presque toutes les couleurs. L’almandin et le pyrope vont du violet au rouge, la spessartine est orange à jaune, le grossulaire va de l’incolore au vert vif de la tsavorite, et l’andradite donne le démantoïde vert.

Le grenat est-il traité ?

Le plus souvent non, selon le GIA. Rarement, des fissures sont remplies d’une substance vitreuse pour améliorer la clarté apparente. En France, ce remplissage doit être déclaré (décret n° 2002-65, article 2).

Combien y a-t-il d’espèces de grenat ?

Plus de vingt, selon le GIA, mais seulement cinq sont importantes en bijouterie : le pyrope, l’almandin, la spessartine, le grossulaire et l’andradite. Beaucoup de grenats sont des mélanges chimiques de plusieurs espèces.

Le grenat est-il solide ?

Assez : 6,5 à 7,5 sur l’échelle de Mohs selon le GIA, avec des différences d’une espèce à l’autre. Le Handbook of Mineralogy donne par exemple 7 à 7,5 pour l’almandin et 6,5 à 7 pour le grossulaire.

Guides liés

Sources

  1. GIA, Garnet (Gem Encyclopedia)
  2. GIA, Garnet Description
  3. GIA, January Birthstone : Garnet
  4. J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Almandine, Grossular, Spessartine, Andradite (PDF)
  5. Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Garnet » (Wikisource)
  6. GIA, An Introduction to Imitation Diamonds & Other Gems
  7. Légifrance, décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, article 2