Pierre de naissance : quelle pierre pour quel mois, et d’où vient la liste ?
La pierre de naissance est une pierre associée à un mois de l’année : le grenat pour janvier, l’améthyste pour février, et ainsi de suite jusqu’à décembre. C’est un usage culturel et commercial, fixé par des bijoutiers américains en 1912 et révisé depuis, pas une propriété des pierres.
Quelle est la pierre de naissance de chaque mois ?
Le tableau ci-dessous donne la liste que présente aujourd’hui le GIA, le laboratoire de gemmologie américain, sur ses pages consacrées aux pierres de naissance. En regard, la liste adoptée en 1912 par une association de bijoutiers américains, telle que la reproduit le minéralogiste George F. Kunz en 1913.
| Mois | Liste actuelle (GIA) | Liste de 1912 (Kunz) |
|---|---|---|
| Janvier | Grenat | Grenat |
| Février | Améthyste | Améthyste |
| Mars | Aigue-marine, héliotrope | Héliotrope ; aigue-marine en second choix |
| Avril | Diamant | Diamant |
| Mai | Émeraude | Émeraude |
| Juin | Perle, alexandrite, pierre de lune | Perle ; pierre de lune en second choix |
| Juillet | Rubis | Rubis |
| Août | Péridot, spinelle, sardonyx | Sardonyx ; péridot en second choix |
| Septembre | Saphir | Saphir |
| Octobre | Opale, tourmaline | Opale ; tourmaline en second choix |
| Novembre | Topaze, citrine | Topaze |
| Décembre | Tanzanite, turquoise, zircon | Turquoise ; lapis-lazuli en second choix |
Quelques précisions :
- L'héliotrope, en anglais bloodstone, est selon le GIA une calcédoine vert foncé, tachetée de rouge par de l’oxyde de fer.
- Le sardonyx associe, selon le GIA, des bandes de sardoine brun-rouge et des couches d'onyx blanc ou noir. Le GIA le présente comme la pierre d’août « d’origine ».
- La tourmaline d’octobre n’est pas une pierre unique mais un groupe de minéraux de toutes les couleurs. Notre fiche porte sur la tourmaline noire, le schorl.
- La perle n’est pas une pierre : le GIA la décrit comme une gemme organique, qui se forme dans un mollusque.
D’où vient l’idée d’une pierre par mois ?
Elle remonte à un texte biblique. Le livre de l'Exode, au chapitre 28, décrit le « pectoral du jugement » que porte le grand prêtre : une pièce d’étoffe carrée, garnie de quatre rangées de pierres, « douze, d’après les noms des fils d’Israël ».
Le lien avec les mois vient plus tard. Selon Kunz, le plus ancien texte qui rapproche ces douze pierres des douze mois est celui de l’historien juif Flavius Josèphe, au Ier siècle. Josèphe écrit qu’on peut y voir les mois ou les signes du zodiaque, sans se tromper. Saint Jérôme reprend cette idée au Ve siècle.
Plus tard encore, les douze pierres de fondation de la Jérusalem céleste, dans l’Apocalypse, prennent en partie la place de celles du pectoral. Kunz relève que les deux listes sont proches, mais dans un ordre différent.
Que sait-on vraiment des pierres du pectoral ?
Peu de chose. Les noms hébreux des douze pierres ont été traduits de façons très différentes au fil des siècles. Kunz compare les versions grecque, latine et anglaise, puis propose sa propre « correction » de la liste anglaise : la troisième pierre, une escarboucle dans la Bible anglaise, devient pour lui une émeraude, et le saphir devient un lapis-lazuli.
Retenez que les pierres de naissance d’aujourd’hui ne sont pas « les pierres de la Bible ». Elles s’en inspirent de loin, à travers des traductions incertaines et des choix bien plus récents.
Quand a-t-on commencé à porter sa pierre de naissance ?
Bien après Josèphe. Kunz écrit qu’on ne trouve aucun exemple de cet usage avant une date « relativement tardive ». Selon lui, la coutume serait née en Pologne, au XVIIIe siècle. C’est son hypothèse, qu’il présente lui-même avec prudence.
Au départ, explique Kunz, on choisissait une pierre pour les pouvoirs qu’on lui prêtait, plus que pour le mois de naissance. Le lien personnel entre une personne et « sa » pierre s’est imposé lentement. Il signale aussi qu’au XVIe siècle, semble-t-il, on portait parfois une série de douze pierres, une par signe du zodiaque.
Qui a fixé la liste moderne ?
Des bijoutiers américains, en 1912. Kunz rapporte que la nouvelle liste a reçu l’approbation de la National Association of Jewellers lors de sa réunion de Kansas City, en août 1912. La revue professionnelle National Jeweler attribue cette première liste officielle à l'American National Retail Jeweler’s Association, devenue Jewelers of America. Les deux sources ne nomment pas l’association de la même façon.
Kunz n’aimait pas cette liste. Il y voyait une « violation » de l’ordre traditionnel, et regrettait qu’on laisse « l’esprit commercial » dicter le choix des pierres. Il critiquait aussi le fait de donner plusieurs pierres à un même mois.
Comment la liste a-t-elle changé depuis 1912 ?
Selon National Jeweler, la liste a été révisée trois fois :
- en 1952, par Jewelers of America, avec l’ajout de l’alexandrite en juin, de la citrine en novembre, de la tourmaline en octobre et du zircon en décembre ;
- en 2002, avec l’ajout de la tanzanite en décembre ;
- en 2016, avec l’ajout du spinelle en août, annoncé par l’American Gem Trade Association et Jewelers of America.
Les sources ne concordent pas tout à fait. La liste de 1912 reproduite par Kunz donne déjà la tourmaline comme second choix pour octobre, alors que National Jeweler date son ajout de 1952. Nous ne savons pas trancher.
Le résultat est visible dans le tableau : décembre est passé de la turquoise et du lapis-lazuli à la tanzanite, la turquoise et le zircon. Le lapis-lazuli n’apparaît plus dans la liste du GIA.
Pourquoi trouve-t-on des listes différentes ?
Parce qu’aucun texte officiel ne fixe les pierres de naissance. Chaque liste est un choix d’une profession ou d’une tradition. Kunz notait déjà en 1913 qu’il existait « plusieurs listes », toutes fondées sur le pectoral ou sur l’Apocalypse.
On rencontre donc, selon les sites et les pays :
- la liste moderne américaine, celle du tableau ;
- des listes anciennes, comme celle que Kunz défend, où le rubis va à décembre et la turquoise à juillet ;
- des listes astrologiques, qui suivent les signes du zodiaque et non les mois.
Nous n’avons trouvé, dans une source fiable, ni liste officielle française, ni étude des différences entre pays. Les listes « astrologiques » relèvent de la croyance : nous ne les présentons pas comme un fait.
Peut-on choisir une autre pierre que sa pierre de naissance ?
Oui, bien sûr. Le GIA présente lui-même les pierres de naissance comme une introduction « amusante » et populaire au monde des gemmes. Il ajoute que les mythes et légendes qui les entourent sont nombreux, « que l’on y croie ou non ».
Une pierre de naissance est un symbole, pas une obligation. Si vous offrez un bijou, la couleur préférée de la personne, sa solidité au quotidien ou son prix comptent au moins autant. Pour bien choisir, consultez les fiches de nos pierres, qui donnent leur dureté et leur entretien, et notre guide pour entretenir ses pierres.
Questions fréquentes
Quelle est ma pierre de naissance ?
Selon la liste que suit aujourd’hui le GIA : grenat en janvier, améthyste en février, aigue-marine ou héliotrope en mars, diamant en avril, émeraude en mai, perle, alexandrite ou pierre de lune en juin, rubis en juillet, péridot, spinelle ou sardonyx en août, saphir en septembre, opale ou tourmaline en octobre, topaze ou citrine en novembre, tanzanite, turquoise ou zircon en décembre.
Pourquoi les listes de pierres de naissance ne sont-elles pas toutes les mêmes ?
Parce qu’aucune loi ne les fixe. La liste moderne a été adoptée par des bijoutiers américains en 1912, puis révisée plusieurs fois, la dernière en 2016 avec l’ajout du spinelle en août. Les listes plus anciennes, que décrit George F. Kunz en 1913, étaient différentes.
Existe-t-il une liste officielle en France ?
Nous n’en avons trouvé aucune dans une source fiable.
Porter sa pierre de naissance a-t-il un effet ?
Aucune de nos sources n’établit un effet. La pierre de naissance est une tradition et un usage de bijouterie : on l’offre ou on la porte pour ce qu’elle symbolise, comme on choisit une couleur.
Pierre de naissance et pierre du zodiaque, est-ce la même chose ?
Non. La pierre de naissance suit le mois du calendrier. Les listes du zodiaque suivent les signes astrologiques et ne coïncident pas avec les mois. Kunz note que, dès le Ier siècle, l’historien Flavius Josèphe rapprochait les douze pierres du pectoral à la fois des mois et des signes du zodiaque.
Les pierres de ce guide
Sources
- GIA, Birthstones for each month
- GIA, pages des pierres de naissance de janvier à décembre
- George F. Kunz, The Curious Lore of Precious Stones (1913), chapitre « Birth-Stones » (Project Gutenberg) (source culturelle, sur la tradition)
- La Sainte Bible, traduction Louis Segond (1910), Exode, chapitre 28 (Wikisource) (source culturelle, sur la tradition)
- B. Branstrator, How the modern birthstone list came to be, National Jeweler (29 août 2016)