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Howlite : la pierre blanche veinée, et sa teinture en fausse turquoise

Pierre roulée de howlite blanche, veinée de fines lignes grises
Howlite roulée, dans sa couleur naturelle. Photo : Ra’ike, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

La howlite est un minéral blanc, souvent veiné de noir ou de brun, tendre et léger. Teinte en bleu, elle sert depuis les années 1960 à imiter la turquoise : une howlite bleue doit être vendue comme traitée, et jamais comme turquoise.

Publié le

Carte d'identité

Howlite

Ca₂B₅SiO₉(OH)₅

Famille minérale
Borosilicate de calcium hydraté
Dureté (échelle de Mohs)

3,5 sur 10

Autres noms
Silicoborocalcite (nom ancien)
Origines
Canada (Nouvelle-Écosse : Windsor, Wentworth, lac Bras d’Or), États-Unis (Californie : Tick Canyon, Calico, Lockwood Valley), Mexique (Sonora), Turquie (Susurluk)
Traitements courants
Teinture, surtout en bleu pour imiter la turquoise (décrite dès 1962 par le Journal of Gemmology)
Imitations courantes
La howlite teinte sert elle-même d’imitation de la turquoise

Qu’est-ce que la howlite ?

La howlite est un borosilicate de calcium hydraté, de formule Ca₂B₅SiO₉(OH)₅ selon le Handbook of Mineralogy. Elle se forme dans des gisements de borates, ces minéraux riches en bore.

Elle est blanche. Le Journal of Gemmology la décrit en 1962 comme un minéral blanc neige, souvent parcouru de veines noires ou brun foncé. On la trouve le plus souvent en nodules, d’aspect crayeux à porcelané : le même article cite des nodules de trois à quatre pouces de diamètre, soit huit à dix centimètres environ, et jusqu’à huit à dix pouces, pris dans une argile grise.

D’où viennent ces veines ? Le Journal of Gemmology avance une hypothèse : de la matière carbonée présente dans la roche mère. C’est une hypothèse, pas une certitude.

Où la trouve-t-on ?

Selon le Handbook of Mineralogy :

  • au Canada, en Nouvelle-Écosse, près de Windsor, où elle a été décrite la première fois, et sur les rives du lac Bras d’Or ;
  • aux États-Unis, en Californie : Tick Canyon, Calico, Lockwood Valley ;
  • au Mexique, dans le Sonora ;
  • en Turquie, à Susurluk.

Le Journal of Gemmology précisait en 1962 que la matière de qualité gemme venait de Tick Canyon, dans le comté de Los Angeles.

Quelle est sa dureté ?

Environ 3,5 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy. C’est une pierre tendre : le quartz, à 7, la raye sans peine, comme beaucoup d’autres pierres. Sa densité est de 2,53 à 2,59.

Un détail curieux : en 1962, Robert Webster a mesuré une dureté d’environ 4,5 sur de la howlite teinte. Faute d’échantillon non teint pour comparer, il n’a pas pu dire si la teinture la durcissait ou si la howlite naturelle pouvait être plus dure qu’on ne le pensait. La question n’est pas tranchée dans nos sources.

Pourquoi la howlite est-elle si souvent teinte ?

Parce que, teinte en bleu, elle imite la turquoise. C’est le point essentiel de cette fiche.

En 1962, le gemmologue Robert Webster présentait cette imitation comme une nouveauté dans le Journal of Gemmology : de la howlite teinte en bleu turquoise et roulée en petites pierres, qui donnait une « très bonne imitation ». Un an plus tard, la même revue parlait encore de la howlite teinte comme d’une matière « récemment produite ».

Depuis, elle fait partie des imitations classiques de la turquoise. En 2011, Gems & Gemology, la revue du GIA, la citait avec la magnésite teinte, la chrysocolle, le verre et des matières frittées.

La Gem-A rappelle que certaines teintures pâlissent à la lumière ou partent à l’eau : une howlite teinte peut donc perdre de sa couleur avec le temps.

Ce que dit la loi française. Une pierre teinte doit être vendue avec la mention « traitée » ou l’indication du traitement (décret n° 2002-65, article 2). Et une howlite teinte vendue à la place d’une turquoise est une imitation, qui doit porter ce mot (article 4). Elle ne peut jamais être vendue comme « turquoise ».

Nous n’avons pas trouvé de source fiable sur les noms commerciaux sous lesquels la howlite teinte est parfois vendue. Nous n’en citerons donc pas.

Comment reconnaître une howlite, et une howlite teinte ?

  • La couleur naturelle. Blanche, veinée de noir ou de gris : c’est la howlite non teinte.
  • La teinture. Selon la Gem-A, la teinture se concentre dans les pores et les fissures. Une couleur plus foncée dans les fissures est un indice.
  • La dureté. La howlite se raye facilement. Mais ne testez pas un bijou : vous l’abîmeriez.
  • Le test à l’acétone. La Gem-A décrit un coton imbibé d’acétone qui peut se colorer au contact d’une teinture soluble, mais prévient que le test n’est pas infaillible. Ne le faites pas sur un bijou auquel vous tenez.
  • Le laboratoire. Pour une pièce vendue comme turquoise, seul un gemmologue peut trancher.

Notre guide pour reconnaître une vraie pierre détaille les mots que la loi impose : traitée, imitation.

Morceau de howlite colorée artificiellement en bleu turquoise, veiné de brun
Howlite teinte en bleu (Tick Canyon, Californie) : une imitation de la turquoise. Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Vertus de la howlite selon la tradition

Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.

Les « vertus » de la howlite sont des croyances. Son histoire, elle, est récente et très terre à terre.

Un minéral canadien

Son nom honore Henry How, chimiste, géologue et minéralogiste canadien de l’université de King’s College, à Windsor, en Nouvelle-Écosse, qui l’a décrite le premier, selon le Handbook of Mineralogy. Le Journal of Gemmology précise qu’elle fut trouvée d’abord près de Windsor, dans le comté de Hants.

Une « nouvelle » imitation de la turquoise

En 1962, le gemmologue Robert Webster présentait dans le Journal of Gemmology une nouveauté : de la howlite teinte en bleu turquoise et roulée en petites pierres, qui imitait « très bien » la turquoise. Une revue de 1963 parlait encore de la howlite teinte comme d’une matière « récemment produite ».

Aujourd’hui

Les vertus que la lithothérapie moderne prête à la howlite relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.

Entretien et rangement

La howlite est tendre : environ 3,5 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy. Le quartz, et même beaucoup d’autres pierres, peuvent la rayer. Rangez-la à part.

Elle craint les acides. Le Journal of Gemmology rapporte, d’après le minéralogiste John Sinkankas, qu’elle se dissout facilement dans les acides dilués. Évitez le vinaigre, le citron et les produits ménagers.

Si elle est teinte, la Gem-A rappelle que certains solvants peuvent retirer une teinture, et que certaines teintures pâlissent à la lumière ou partent à l’eau. Pas de dissolvant, pas de bain, pas de soleil prolongé.

Nous n’avons pas trouvé de consigne de nettoyage propre à la howlite dans une source fiable. La règle générale de la Gem-A pour les bijoux s’applique : brosse douce et eau savonneuse, sans trempage.

Questions fréquentes

La howlite bleue est-elle naturelle ?

Non, pas sa couleur. La howlite est blanche à l’état naturel, selon le Handbook of Mineralogy. Le bleu est obtenu par teinture, une pratique décrite dès 1962 par le Journal of Gemmology pour imiter la turquoise. En France, une pierre teinte doit être vendue comme « traitée » (décret n° 2002-65, article 2).

Comment distinguer la howlite teinte de la turquoise ?

À l’œil, c’est difficile : Gems & Gemology range la howlite teinte parmi les imitations courantes de la turquoise. La howlite est plus tendre et, selon la Gem-A, la teinture se concentre dans les fissures. Seul un gemmologue peut trancher.

D’où viennent les veines noires de la howlite ?

Le Journal of Gemmology rapportait en 1962 une hypothèse : ces fines veines noires pourraient venir de matière carbonée présente dans la roche mère. C’est une hypothèse, pas une certitude.

La howlite est-elle fragile ?

Oui. Avec une dureté d’environ 3,5, elle se raye facilement, et elle se dissout dans les acides dilués, selon le Journal of Gemmology.

Guides liés

Sources

  1. J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Howlite (Mineralogical Society of America, PDF)
  2. R. Webster, A New Turquoise Simulant, Journal of Gemmology, vol. VIII n° 8 (octobre 1962), Gem-A (PDF)
  3. Journal of Gemmology, vol. IX n° 1 (janvier 1963), Gem-A (PDF), résumés
  4. Gems & Gemology, hiver 2011 : Historic Turquoise Jewelry Set Containing Fossilized Dentine (Odontolite) and Glass (GIA, PDF)
  5. Gem-A, Gemmology Insights: How To Recognise Dyed Gemstones (P. Daly, 2025)
  6. Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery (P. Daly)
  7. Légifrance, décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, article 2
  8. Légifrance, décret n° 2002-65, article 4 (reconstituée, composite, synthétique, artificiel, d’imitation)