Péridot : l’olivine verte, venue du manteau terrestre et parfois de l’espace

Le péridot est la variété gemme de l’olivine, un minéral vert du manteau terrestre, que la lave remonte parfois jusqu’à la surface. On en trouve même, très rarement, dans des météorites, et il a longtemps été confondu avec l’émeraude et la topaze.
Carte d'identité
Péridot
(Mg,Fe)₂SiO₄
- Famille minérale
- Olivine (silicate de magnésium et de fer)
- Dureté (échelle de Mohs)
6,5 à 7 sur 10
- Autres noms
- Olivine (nom du minéral), Chrysolite (nom ancien du péridot vert pâle), Forstérite (pôle magnésien de l’olivine)
- Origines
- Égypte (île de Zabargad, en mer Rouge), Pakistan, Myanmar, Chine, Viêt Nam, Tanzanie, États-Unis (Arizona, San Carlos), Météorites (pallasites), très rarement
- Traitements courants
- Aucun traitement courant signalé par nos sources.
- Imitations courantes
- Spinelle synthétique de couleur verte (GIA) ; Verre
Qu’est-ce que le péridot ?
Le péridot est la variété gemme de l’olivine, un silicate de magnésium et de fer, de formule (Mg,Fe)₂SiO₄ selon le GIA. La Britannica de 1911 l’appelait « olivine noble ». Le Handbook of Mineralogy décrit la forstérite, Mg₂SiO₄, le pôle riche en magnésium de cette famille.
Sa couleur est un vert jaunâtre à vert olive. Selon la Britannica, elle vient du fer qu’il contient, et n’est jamais aussi vive que celle de l’émeraude : plutôt olive, pistache ou poireau. Elle distinguait le péridot, d’un vert plus franc, de la chrysolite, nom alors réservé à l’olivine transparente vert jaune pâle.
Le mot « péridot » est ancien. Selon la Britannica, c’était un terme de joaillier d’origine inconnue, employé par les joailliers français et introduit dans la science par le minéralogiste Haüy.
D’où vient le péridot ?
Du manteau terrestre. Le GIA explique que l’olivine se forme dans la péridotite, une roche du manteau supérieur, bien sous la croûte. On la trouve en surface de deux façons :
- en nodules dans certaines coulées de lave, qui l’ont remontée des profondeurs : aux États-Unis, en Chine et au Viêt Nam ;
- plus rarement, en grands cristaux tapissant des filons ou des poches dans certaines roches : en Finlande, au Pakistan, au Myanmar et sur l’île de Zabargad.
Selon le GIA, les géologues relient ces deux types de gisements à l’expansion des fonds océaniques, quand la croûte se fend et que des roches du manteau remontent.
Du péridot venu de l’espace. Le GIA signale que du péridot se trouve aussi dans certaines météorites, les pallasites, faites de fer-nickel et d’olivine. Mais ce péridot extraterrestre est extrêmement rare, et peu susceptible de se trouver chez un bijoutier.
Où le trouve-t-on ?
Selon le GIA, la plupart des péridots vendus aujourd’hui viennent de Chine, du Myanmar, du Pakistan, de Tanzanie, du Viêt Nam et des États-Unis. En Arizona, sur le territoire de la nation apache de San Carlos, des familles apaches exploitent les gisements depuis des décennies.
L’île égyptienne de Zabargad, en mer Rouge, est la plus ancienne source connue. La Britannica de 1911 rapportait qu’on venait alors d’y identifier, en 1908, l’origine de la plupart des péridots du commerce. Elle signalait aussi, en Arizona, au Montana et au Nouveau-Mexique, des galets d’olivine transparente surnommés « larmes de Job ».
Quelle est sa dureté ?
6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs, selon le GIA. La Britannica de 1911 disait « environ 6,5, à peine plus que le verre », et notait que le péridot poli s’use facilement à l’usage ; le Handbook donne 7 pour la forstérite. Sa densité est d’environ 3,34, selon le GIA.
Le GIA le juge plus tendre que beaucoup de gemmes, et peu recommandé pour une bague portée tous les jours.
Pourquoi l’a-t-on confondu avec la topaze et l’émeraude ?
À cause de sa couleur et de l’histoire d’un nom.
- La topaze. Selon le GIA, l’île de la mer Rouge appelée Topazios par les Anciens, qui aurait donné son nom à la topaze, produisait en réalité du péridot. La Britannica de 1911 pensait même que le topazion des Anciens était notre péridot, et que la topaze actuelle leur était inconnue.
- L’émeraude. Le GIA rapporte que certains historiens pensent que la collection d’émeraudes de Cléopâtre aurait pu être faite de péridots, et que la confusion a continué au Moyen Âge. La châsse des Rois mages, dans la cathédrale de Cologne, est ornée d’environ 200 carats de pierres longtemps prises pour des émeraudes : ce sont des péridots.
Le péridot est-il traité ou imité ?
Nous n’avons trouvé, dans les sources lues, aucun traitement courant du péridot. Nous n’en citerons donc pas.
Il peut en revanche être imité. Le GIA cite le spinelle synthétique, qui peut prendre l’aspect de nombreuses gemmes, dont le péridot, selon sa couleur. Le verre peut aussi l’imiter. Une imitation doit porter le mot « imitation », et une pierre synthétique le mot « synthétique » (décret n° 2002-65, article 4).
Comment reconnaître un péridot ?
- La couleur. Un vert jaunâtre à olive, jamais le vert vif de l’émeraude, selon la Britannica.
- L’indice de réfraction. De 1,65 à 1,69 selon le GIA : un gemmologue le mesure au réfractomètre.
- Le vocabulaire. « Synthétique » ou « imitation » doivent figurer quand c’est le cas.
Notre guide pour reconnaître une vraie pierre détaille les mentions que la loi impose.
Vertus du péridot selon la tradition
Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.
Les « vertus » du péridot sont des croyances. Son histoire, elle, est surtout une suite de confusions avec d’autres pierres.
La « gemme du soleil »
Selon le GIA, les anciens Égyptiens appelaient le péridot la « gemme du soleil ». Ils l’extrayaient sur une île de la mer Rouge, Topazios, aujourd’hui appelée île Saint-Jean ou Zabargad.
Une topaze qui n’en était pas une
Le nom même de la topaze viendrait de cette île, rappelle le GIA, alors qu’elle produisait du péridot. La Britannica de 1911 va plus loin : la pierre que les Anciens appelaient topazion était probablement notre péridot, et la topaze actuelle leur était sans doute inconnue.
Pris pour une émeraude
Selon le GIA, certains historiens pensent que la célèbre collection d’émeraudes de Cléopâtre aurait pu être en partie faite de péridots, et la confusion a continué au Moyen Âge. La châsse des Rois mages, dans la cathédrale de Cologne, est ornée d’environ 200 carats de pierres longtemps prises pour des émeraudes : ce sont des péridots.
Aujourd’hui
Le péridot fait partie des pierres de naissance d’août dans la liste suivie par le GIA, comme l’explique notre guide sur la pierre de naissance. Les vertus que lui prête la lithothérapie moderne relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.
Entretien et rangement
Le péridot a une dureté de 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs, selon le GIA. Le GIA le juge plus tendre que beaucoup de gemmes, et peu adapté à une bague portée tous les jours. Rangez-le à part, pour que des pierres plus dures ne le rayent pas.
Il craint les acides, prévient le GIA, et même, à la longue, une transpiration acide.
Jamais de vapeur ni d’ultrasons : le GIA indique que le péridot est sensible aux chocs thermiques. Pour le nettoyer, une brosse douce et de l’eau tiède savonneuse.
Questions fréquentes
Le péridot vient-il de l’espace ?
Presque toujours non. Selon le GIA, le péridot se forme dans le manteau terrestre et remonte avec certaines laves. Il existe aussi dans des météorites, les pallasites, mais le péridot extraterrestre est extrêmement rare et peu susceptible d’être vendu en bijouterie.
Quelle différence entre péridot et olivine ?
L’olivine est le minéral ; le péridot est sa variété de qualité gemme. Selon la Britannica de 1911, « péridot » est un vieux terme de joaillier, introduit dans la science par Haüy.
Le péridot est-il fragile ?
Assez. Le GIA lui donne 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs et le dit plus tendre que beaucoup de gemmes. Il craint les acides et les chocs thermiques : ni vapeur ni ultrasons.
Le péridot est-il traité ?
Nous n’avons pas trouvé, dans les sources que nous avons lues, de traitement courant du péridot. Le GIA cite en revanche le spinelle synthétique parmi les matières qui peuvent l’imiter.
Guides liés
Sources
- GIA, Peridot (Gem Encyclopedia)
- GIA, Peridot Description
- GIA, Peridot History and Lore (source culturelle, sur la tradition)
- GIA, August Birthstones : Peridot
- J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Forsterite (PDF)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Peridot » (Wikisource)
- GIA, An Introduction to Imitation Diamonds & Other Gems