Sodalite : la pierre bleue riche en sodium, cousine du lapis-lazuli

La sodalite est un minéral bleu, souvent mêlé de blanc, riche en sodium. On la confond souvent avec le lapis-lazuli, dont elle est d’ailleurs l’un des constituants, mais elle est plus légère et d’un bleu différent.
Carte d'identité
Sodalite
Na₈Al₆Si₆O₂₄Cl₂
- Famille minérale
- Silicate d’aluminium et de sodium chloré (groupe de la sodalite)
- Dureté (échelle de Mohs)
5,5 à 6 sur 10
- Autres noms
- Hackmanite (variété qui change de couleur à la lumière)
- Origines
- Canada (Bancroft en Ontario, Mont-Saint-Hilaire au Québec, Colombie-Britannique), Norvège, Groenland, Russie (presqu’île de Kola), Italie (Vésuve), États-Unis (Maine, Arkansas)
- Traitements courants
- Aucun traitement courant signalé par nos sources.
- Imitations courantes
- Confusion fréquente avec le lapis-lazuli, dont elle est l’un des constituants
Qu’est-ce que la sodalite ?
La sodalite est un minéral. Sa formule, selon le Handbook of Mineralogy, est Na₈Al₆Si₆O₂₄Cl₂ : un silicate d’aluminium et de sodium, qui contient du chlore. Son nom vient d’ailleurs du sodium.
Elle peut être incolore, blanche, jaunâtre, verdâtre ou rougeâtre, mais on la connaît surtout bleue, du bleu clair au bleu foncé. Son éclat est vitreux à gras.
La Britannica de 1911 la range dans un petit groupe de minéraux voisins : la sodalite elle-même, la haüyne, la noséane et la lazurite. C’est ce lien de famille qui explique sa ressemblance avec le lapis-lazuli.
Où la trouve-t-on ?
Selon le Handbook of Mineralogy, la sodalite se forme dans des roches volcaniques et plutoniques riches en sodium, comme les syénites néphéliniques. Il la dit répandue, et cite notamment :
- le Canada : Bancroft, en Ontario ; le mont Saint-Hilaire, au Québec ; la rivière Ice, en Colombie-Britannique ;
- la Norvège, le Groenland et la presqu’île de Kola, en Russie ;
- l'Italie, au Vésuve, et l'Allemagne, dans l’Eifel ;
- les États-Unis, dans le Maine et l’Arkansas.
La Britannica de 1911 précise que les grandes masses d’un bleu ciel vif, propres à être taillées comme pierre d’ornement, venaient alors de Dungannon en Ontario, de la rivière Ice et de Litchfield, dans le Maine.
Nous n’avons pas trouvé de source fiable et récente qui classe les gisements actuels de sodalite de bijouterie.
Quelle est sa dureté ?
5,5 à 6 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy ; la Britannica de 1911 donnait 5,5. Elle est donc plus tendre que le quartz, à 7, qui peut la rayer.
Le Handbook la décrit aussi comme cassante, avec un clivage médiocre. Elle est légère : sa densité est d’environ 2,3.
Sodalite ou lapis-lazuli : comment les distinguer ?
C’est la confusion la plus courante, et elle a une raison : le lapis-lazuli est une roche, faite de plusieurs minéraux, et la sodalite en fait souvent partie. La Britannica de 1911 cite la lazurite, avec un peu de haüyne et de sodalite, comme constituants du lapis.
Le Journal of Gemmology, la revue de la Gem-A, donne en 1974 des repères utiles :
- la couleur. Le lapis-lazuli est d’un bleu profond, saturé, celui dont les peintres tiraient l’outremer. La sodalite est d’un bleu différent, « plus bleu », moins profond ;
- la densité. La sodalite est nettement plus légère : environ 2,30, contre 2,7 à 2,9 pour le lapis, et davantage quand il contient beaucoup de pyrite ;
- l’indice de réfraction. Environ 1,48 pour la sodalite.
Ajoutons ce que montre notre fiche sur le lapis : celui-ci contient souvent de petites paillettes dorées de pyrite. Ce n’est qu’un indice : seul un gemmologue peut trancher, par la densité ou l’indice de réfraction.
Une pierre qui change de couleur ?
Certaines sodalites, oui. Le Handbook of Mineralogy signale que la sodalite peut être photochrome, c’est-à-dire changer de couleur à la lumière, et cite la hackmanite comme variété de sodalite. Il note aussi une fluorescence rouge orangé sous les ultraviolets.
La Britannica de 1911 décrivait déjà, à Kishangarh, en Inde, des masses de sodalite rose dont la couleur pâlissait vite à la lumière.
La sodalite est-elle traitée ou imitée ?
Nous n’avons trouvé aucune source fiable qui décrive un traitement courant de la sodalite, ni une imitation courante. Nous n’en citerons donc pas.
En revanche, c’est la sodalite qui sert parfois de point de comparaison : le Journal of Gemmology la cite parmi les pierres qui peuvent être confondues avec le lapis-lazuli. Si vous achetez un « lapis-lazuli » léger, bleu clair et veiné de blanc, sans pyrite, la question se pose.
Comment reconnaître une sodalite ?
- La couleur. Un bleu franc, différent du bleu profond du lapis, selon le Journal of Gemmology.
- La pyrite. Le lapis montre souvent des paillettes dorées de pyrite, comme l’explique notre fiche.
- Le poids. Avec une densité d’environ 2,3, elle est plus légère qu’un lapis de même taille.
- Le laboratoire. La densité et l’indice de réfraction, mesurés par un gemmologue, permettent de trancher.
Notre guide pour reconnaître une vraie pierre détaille les mentions que la loi impose.
Vertus de la sodalite selon la tradition
Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.
Les « vertus » de la sodalite sont des croyances. Son histoire, elle, est surtout celle d’un minéral de collection devenu pierre d’ornement.
Un nom de chimiste
Son nom fait simplement allusion au sodium qu’elle contient, selon le Handbook of Mineralogy et l'Encyclopædia Britannica de 1911.
Une pierre d’ornement canadienne
La Britannica de 1911 rapporte que de grandes masses de sodalite d’un bleu ciel vif, propres à être taillées comme pierre d’ornement, se trouvaient alors au Canada, notamment à Dungannon, en Ontario, et à la rivière Ice, en Colombie-Britannique, ainsi qu’à Litchfield, dans le Maine.
Aujourd’hui
Les vertus que la lithothérapie moderne prête à la sodalite relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.
Entretien et rangement
La sodalite a une dureté de 5,5 à 6 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy : elle est plus tendre que le quartz, qui peut la rayer. Le même ouvrage la décrit comme cassante : elle craint les chocs.
Nous n’avons pas trouvé de consigne de nettoyage propre à la sodalite dans une source fiable. La règle générale de la Gem-A pour les bijoux s’applique : brosse douce et eau savonneuse. Rangez-la à part.
Questions fréquentes
Quelle différence entre la sodalite et le lapis-lazuli ?
Le lapis-lazuli est une roche, dont la sodalite est l’un des minéraux. Selon le Journal of Gemmology, la sodalite est d’un bleu différent, moins profond, et nettement plus légère : densité d’environ 2,30, contre 2,7 à 2,9 pour le lapis.
La sodalite est-elle souvent teinte ?
Nous n’avons trouvé aucune source fiable qui décrive une teinture courante de la sodalite. Si sa couleur paraît anormalement uniforme ou vive, demandez au vendeur.
Qu’est-ce que l’hackmanite ?
Une variété de sodalite, citée par le Handbook of Mineralogy. Le même ouvrage signale que la sodalite peut être photochrome, c’est-à-dire changer de couleur à la lumière. La Britannica de 1911 décrivait déjà une sodalite rose d’Inde dont la couleur pâlissait vite à la lumière.
La sodalite est-elle fragile ?
Assez : 5,5 à 6 sur l’échelle de Mohs, et cassante, selon le Handbook of Mineralogy. Le quartz peut la rayer, et un choc peut l’ébrécher.
Sources
- J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Sodalite (Mineralogical Society of America, PDF)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Sodalite » (Wikisource)
- Journal of Gemmology, vol. XIV n° 2 (avril 1974), Gemmological Association of Great Britain (PDF)
- Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery (P. Daly)