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Unakite : la roche verte et rose née d’un granite transformé

Pierre roulée d’unakite, tachetée de vert olive, de rose orangé et de gris
Unakite roulée et polie : épidote verte, feldspath rose et quartz gris. Photo : Ra’ike, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

L’unakite n’est pas un minéral mais une roche : un granite dont une partie des minéraux a été remplacée par de l’épidote verte, à côté d’un feldspath rose et de quartz. Elle doit son nom à la chaîne des Unaka, dans les Appalaches, où un géologue américain l’a décrite en 1874.

Publié le

Carte d'identité

Unakite

Famille minérale
Roche (granite altéré) : épidote verte, feldspath orthose rose, quartz
Dureté (échelle de Mohs)
Non précisée par nos sources.
Autres noms
Granite épidotisé
Origines
États-Unis (Blue Ridge : chaîne des Unaka entre la Caroline du Nord et le Tennessee, Virginie)
Traitements courants
Aucun traitement courant signalé par nos sources.
Imitations courantes
Aucune imitation courante signalée par nos sources.

Qu’est-ce que l’unakite ?

L’unakite n’est pas un minéral, mais une roche : un assemblage de plusieurs minéraux. Selon un article de l'American Mineralogist, la revue de la Mineralogical Society of America, elle est faite essentiellement de trois minéraux :

  • l'épidote, verte ;
  • le feldspath orthose, rose ;
  • le quartz, blanc ou gris.

C’est cet assemblage qui lui donne son aspect tacheté, vert et rose, si reconnaissable dans les bracelets.

La première description date de 1874. Elle est due à F. H. Bradley, un géologue américain, et la Smithsonian Institution l’a reproduite mot pour mot en 1903 dans ses Smithsonian Miscellaneous Collections. Bradley y donnait les proportions suivantes : l’épidote, très variable, dépassant parfois la moitié de la roche ; l’orthose rose, d’un quart à un tiers ; le quartz, environ un quart. Il y ajoutait de petits grains de magnétite, un oxyde de fer noir.

Comment se forme l’unakite ?

Par la transformation d’un granite. Un granite ordinaire contient du feldspath, du quartz et du mica, ou de la hornblende dans une syénite. Dans l’unakite, ce dernier minéral sombre a été remplacé par de l’épidote : c’est le « caractère » que Bradley retenait pour la distinguer.

L’épidote y est donc un minéral secondaire, formé après la roche d’origine. Le géologue W. C. Phalen le notait dès 1903, et l'American Mineralogist le confirme en 1950. La Britannica de 1911 décrit l’épidote en général comme un minéral abondant des roches, mais d’origine secondaire, produit par l’altération d’autres minéraux, dont les feldspaths, les micas et les amphiboles. Le Handbook of Mineralogy cite notamment l’altération du plagioclase, un autre feldspath.

Comment cette transformation s’est faite exactement reste discuté. L’article de 1950 rapporte, pour l’unakite de Virginie, l’hypothèse d’une roche transformée par les pressions de la croûte terrestre et par la circulation d’eaux venues de la surface. Phalen jugeait que cette association de quartz, d’orthose et d’épidote ne devait pas être rare dans les régions métamorphiques où se trouvent des granites.

D’où vient son nom ?

De la chaîne des Unaka, une partie des Appalaches qui forme la frontière entre la Caroline du Nord et le Tennessee, aux États-Unis.

Il avait vu ses échantillons sur les pentes de trois sommets, The Bluff, Walnut Mountain et Max’s Patch, dans le comté de Cocke, au Tennessee, et celui de Madison, en Caroline du Nord. La roche était si recouverte de débris qu’il ne pouvait dire quelle était l’étendue de ses gisements.

Où la trouve-t-on ?

Les deux premiers gisements décrits sont américains :

  • la chaîne des Unaka, entre la Caroline du Nord et le Tennessee, d’après Bradley en 1874 ;
  • Milams Gap, au sommet de la Blue Ridge, en Virginie, que Phalen décrit en 1903 dans son article. Un professeur de l’université de Virginie en avait envoyé un échantillon au Musée national des États-Unis dès 1884.

L'American Mineralogist précise en 1950 que les roches riches en épidote sont abondantes dans toute la Blue Ridge de Caroline du Nord et de Virginie. L’un des spécimens de nos photos, exposé au Natural History Museum de Londres, vient du comté de Rockbridge, en Virginie.

Phalen signale aussi, d’après un manuel de 1895, des mentions d’unakite en Allemagne, dans le Fichtelgebirge et la Forêt-Noire, et dans les Pyrénées. Nous n’avons pas trouvé de source récente qui confirme ces gisements ni qui dise d’où viennent les perles d’unakite du commerce.

Quelle est sa dureté ?

Nous n’avons trouvé aucune source qui donne la dureté de l’unakite elle-même. Une roche n’a pas toujours une dureté unique, puisqu’elle mêle plusieurs minéraux.

Ses minéraux, eux, sont mesurés. Selon le Handbook of Mineralogy :

Minéral Couleur dans l’unakite Dureté (Mohs)
Épidote Vert pistache 6 à 7
Orthose Rose 6 à 6,5
Quartz Blanc ou gris 7

L’unakite est donc faite de minéraux assez durs, proches de ceux du quartz. Bradley la décrivait comme une roche très compacte, qui prend un beau poli, avec une densité de 2,79. L’épidote est toutefois dite cassante par le Handbook : un choc reste à éviter.

L’unakite est-elle traitée ou imitée ?

Nous n’avons trouvé, dans les sources lues, aucun traitement ni aucune imitation courants de l’unakite. Nous n’en citerons donc pas.

Si une pierre était teinte, la loi française imposerait la mention « traitée » ou l’indication du traitement (décret n° 2002-65, article 2). En cas de doute, demandez au vendeur.

Comment reconnaître une unakite ?

  • Les couleurs : des taches vertes d’épidote et roses d’orthose, mêlées de quartz gris ou blanc. Les proportions varient beaucoup d’une pierre à l’autre, comme le notait déjà Bradley.
  • La texture : une roche grenue, faite de grains visibles à l’œil, sans bandes ni reflets.
  • Le poli : brillant sur une pierre roulée ou une perle.

Ces signes décrivent l’unakite ; ils ne prouvent pas qu’une perle n’est pas teinte. Seul un examen en laboratoire peut le faire.

Comment l’entretenir ?

Nous n’avons pas trouvé de consigne propre à l’unakite. La règle générale de la Gem-A pour les bijoux s’applique : une brosse douce et de l’eau savonneuse, puis un séchage avec un chiffon doux. Rangez-la à part, comme vos autres bijoux.

Notre guide pour entretenir ses pierres compare les pierres entre elles, et notre guide sur les bijoux en pierres et l’eau précise ce que craignent la douche, la mer et la piscine.

Plaque polie d’unakite, mosaïque de taches vertes et rouge orangé
Unakite du comté de Rockbridge (Virginie), exposée au Natural History Museum de Londres. Photo : Daderot, CC0, via Wikimedia Commons

Vertus de l’unakite selon la tradition

Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.

Les « vertus » de l’unakite sont des croyances. Elles ne peuvent pas être anciennes : la roche n’a reçu son nom qu’en 1874.

Une pierre de géologue

L’unakite a été nommée par un géologue américain, F. H. Bradley, d’après la chaîne des Unaka, dans les Appalaches, où il l’avait observée. Il la décrivait comme une roche très compacte, qui prend un beau poli, et pensait qu’elle ferait « un matériau de valeur pour l’architecture ornementale ». Il ne parlait pas de bijoux.

Aujourd’hui

Nous n’avons trouvé aucune source historique ou ethnologique sur un usage traditionnel de l’unakite. Les vertus que la lithothérapie moderne lui prête relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.

Entretien et rangement

L’unakite est une roche : nous n’avons trouvé aucune source qui lui donne une dureté propre. Ses minéraux, eux, sont assez durs : 6 à 7 pour l’épidote, 6 à 6,5 pour l’orthose, 7 pour le quartz, selon le Handbook of Mineralogy.

Nous n’avons pas trouvé non plus de consigne d’entretien propre à l’unakite. La règle générale de la Gem-A pour les bijoux s’applique : une brosse douce et de l’eau savonneuse, et un rangement à part.

Questions fréquentes

L’unakite est-elle une pierre naturelle ?

Oui. C’est une roche naturelle, un granite transformé, décrite par les géologues depuis 1874. Elle n’est pas un minéral unique, mais un assemblage d’épidote, de feldspath orthose et de quartz.

Pourquoi l’unakite est-elle verte et rose ?

Le vert vient de l’épidote, un minéral vert pistache. Le rose vient du feldspath orthose. Le quartz, blanc ou gris, complète l’ensemble, selon la description d’origine de 1874 reprise par la Smithsonian Institution.

Quelle est la dureté de l’unakite ?

Nous n’avons trouvé aucune source qui donne la dureté de la roche elle-même. Ses minéraux ont une dureté de 6 à 7 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy.

D’où vient l’unakite ?

Elle a été décrite d’abord dans la chaîne des Unaka, entre la Caroline du Nord et le Tennessee, puis en Virginie. Selon un article de l’American Mineralogist, les roches riches en épidote sont abondantes dans toute la Blue Ridge de Caroline du Nord et de Virginie.

L’unakite est-elle teinte ?

Nous n’avons trouvé, dans les sources lues, aucun traitement courant de l’unakite. Si une pierre était teinte, la loi française imposerait la mention « traitée » (décret n° 2002-65).

Sources

  1. W. C. Phalen, « A New Occurrence of Unakite: A Preliminary Paper », Smithsonian Miscellaneous Collections, vol. 45, 1903, p. 306-316 (Internet Archive)
  2. H. W. Jaffe et A. M. Sherwood, « Phosphate-allophane in an epidosite from North Carolina », American Mineralogist, vol. 35, 1950, p. 102-105 (PDF)
  3. J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Epidote (PDF)
  4. J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Orthoclase et Quartz (PDF)
  5. Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Epidote » (Wikisource)
  6. Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery (P. Daly)
  7. Légifrance, décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, article 2