Calcite : le carbonate de calcium derrière l'« onyx-marbre » et l’albâtre antique

La calcite est un carbonate de calcium, l’un des minéraux les plus répandus de la Terre, tendre au point qu’un couteau la raye. Elle se cache sous d’autres noms dans le commerce : l'« onyx-marbre » et l’albâtre des Anciens sont de la calcite, bien plus fragile que l’onyx ou que la plupart des pierres de bijou.
Carte d'identité
Calcite
CaCO₃
- Famille minérale
- Carbonate de calcium
- Couleurs
- Incolore
- Blanc
- Gris
- Jaune
- Vert
- Dureté (échelle de Mohs)
3 sur 10
Échelle ordinale : elle classe les minéraux du plus tendre au plus dur, sans mesurer l'écart entre deux degrés.
- Autres noms
- Spath d’Islande (variété transparente), Spath calcaire (ancien nom), Onyx-marbre ou « onyx du Mexique » (calcite rubanée), Albâtre antique ou oriental (calcite), Satin-spar de calcite (variété fibreuse)
- Origines
- Islande (Reydarfjord, spath d’Islande), Mexique (Santa Eulalia, Guanajuato ; Tecali pour l’onyx-marbre), Angleterre (Cumbria, Durham), Allemagne (Harz, Saxe), États-Unis, Namibie (Tsumeb), Égypte (albâtre antique)
- Traitements courants
- Aucun traitement courant signalé par nos sources.
- Imitations courantes
- Vendue sous des noms d’autres pierres : « onyx » (onyx-marbre), « albâtre » (albâtre antique)
Qu’est-ce que la calcite ?
La calcite est un carbonate de calcium, de formule CaCO₃. C’est l’un des minéraux les plus répandus : la Britannica de 1911 la place juste après le quartz.
Elle forme des montagnes entières. Le calcaire, le marbre et la craie sont faits surtout de calcite, rappellent le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911. Beaucoup de ces roches sont d’origine organique : les coquilles des mollusques et les squelettes des coraux sont en grande partie faits de calcite. On la trouve aussi dans les grottes, en stalactites et en stalagmites.
Son nom vient du latin calx, la chaux, selon le Handbook. Il n’est employé dans son sens actuel que depuis 1843 environ, d’après la Britannica de 1911. Auparavant, on parlait de « spath calcaire ».
Ses cristaux sont d’une variété extraordinaire. Le Handbook recense plus de 1 000 formes cristallines, et des cristaux jusqu’à 7 m.
De quelle couleur est la calcite ?
Pure, elle est incolore et transparente : c’est le spath d’Islande, selon la Britannica de 1911.
Le plus souvent, elle est blanche ou presque incolore, avec une légère teinte jaune. La Britannica attribue ce jaune, dans la plupart des cas, au fer, et parfois à de la matière organique venue de l’humus. Le Handbook cite aussi des calcites grises et vertes, et bien d’autres couleurs dues à des minéraux inclus. La Britannica donne l’exemple d’une calcite verte opaque d’Inde, colorée par une terre verte.
Sous une lampe ultraviolette, beaucoup de calcites deviennent fluorescentes, en rouge, en bleu, en jaune ou dans d’autres couleurs, selon le Handbook.
Pourquoi voit-on double à travers une calcite ?
C’est la propriété la plus célèbre de la calcite : une très forte double réfraction.
La lumière qui entre dans un cristal de calcite se sépare en deux rayons, qui suivent des chemins différents. Résultat : une ligne ou une lettre vue à travers un cristal transparent apparaît en double, explique la Britannica de 1911. D’autres minéraux ont cette propriété, mais la calcite permet de la voir mieux que tout autre, parce qu’on la trouve en grands morceaux parfaitement transparents.
L'« onyx-marbre » et l'« onyx du Mexique » sont-ils de l’onyx ?
Non. Ce sont des calcites, et c’est le premier piège à connaître.
L’onyx véritable est une calcédoine, une forme de quartz : il est dur. L'« onyx-marbre », l'« onyx du Mexique » ou « marbre de Tecali » sont des calcites rubanées, formées comme les stalagmites ou les dépôts de sources calcaires. Le Journal of Gemmology leur donne une dureté d’environ 3. Il juge même trompeur le nom d'« onyx du Brésil », donné à un marbre venu d’Argentine.
Dès 1911, la Britannica estimait que le mot « onyx » devait être réservé à la pierre siliceuse. Notre fiche sur l'onyx explique la différence en détail.
L’albâtre est-il de la calcite ?
Tout dépend de l’albâtre. La Britannica de 1911 distingue deux matières sous ce même nom :
- l'albâtre antique, ou oriental, celui des vases égyptiens, est une calcite. Il a une dureté de 3 : un couteau le raye, mais pas l’ongle ;
- l'albâtre moderne est du gypse, encore plus tendre : l’ongle le raye.
La Britannica donne aussi un test chimique : l’albâtre antique, une calcite, fait effervescence au contact d’un acide, ce que ne fait pas l’albâtre de gypse. Ce test reste l’affaire d’un spécialiste. Notre fiche sur la sélénite présente le gypse et ses formes.
Le même piège existe pour le satin-spar, ce minéral fibreux à l’éclat soyeux. Selon la Britannica de 1911, ce nom désigne le plus souvent un gypse fibreux, mais aussi une calcite fibreuse, comme celle d’Alston Moor, en Angleterre.
Où trouve-t-on la calcite ?
Partout dans le monde, selon le Handbook of Mineralogy. Il cite, parmi les gisements les plus connus pour leurs beaux cristaux :
- l'Islande, à Reydarfjord, d’où vient le spath d’Islande ;
- l'Angleterre, en Cumbria et dans le comté de Durham ;
- l'Allemagne, dans le Harz et en Saxe ;
- les États-Unis, notamment l’État de New York, le Michigan et le Missouri ;
- le Mexique, à Santa Eulalia et à Guanajuato ;
- la Namibie, à Tsumeb.
Pour l’onyx-marbre, la Britannica de 1911 cite le Mexique (Tecali, près de Puebla) et l’Égypte pour l’albâtre antique.
Quelle est sa dureté ?
Faible : 3 sur l’échelle de Mohs, qui va de 1 à 10, selon le Handbook of Mineralogy. La Britannica de 1911 précise qu’un couteau la raye facilement.
Elle se clive aussi très facilement, dans trois directions, en petits rhomboèdres, selon la Britannica. Ce clivage aide à la reconnaître. Il la rend aussi fragile aux chocs.
C’est aussi un parent de la rhodochrosite : selon le Handbook, les deux minéraux forment une série. Pour distinguer une calcite d’une pierre plus dure de même aspect, notre guide sur la vraie et la fausse pierre donne la méthode générale.

Vertus de la calcite selon la tradition
Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.
Les « vertus » de la calcite sont des croyances. Son histoire, elle, est celle d’une pierre de vases sacrés, puis d’un cristal qui a fait avancer la science.
Les vases d’albâtre de l’Égypte ancienne
La Britannica de 1911 explique que l'« albâtre » des Anciens, celui des Écritures, était une calcite, et non le gypse que l’on appelle albâtre aujourd’hui. On l’appelait souvent albâtre oriental, parce que les premiers exemplaires venaient d’Orient.
Il servait à faire de petits flacons à parfum ou à onguent, les alabastra, d’où vient peut-être le nom. En Égypte, on en taillait des vases canopes et d’autres objets sacrés ou funéraires. La Britannica cite un sarcophage taillé d’un seul bloc d’albâtre translucide, trouvé en 1817 dans la tombe du pharaon Séthi Ier, qu’elle situait au Soane Museum, à Londres.
Le cristal qui voit double
La calcite transparente d’Islande, le spath d’Islande, a une autre histoire, rapportée par la Britannica de 1911. Erasmus Bartholin décrivit en 1669 sa double réfraction. Son étude conduisit Christiaan Huygens à découvrir en 1690 les lois de la double réfraction, et Étienne-Louis Malus, en 1808, la polarisation de la lumière. On en fit ensuite des prismes pour les microscopes polarisants et pour les dichroscopes qui servent à examiner les pierres.
Aujourd’hui
Les vertus que la lithothérapie moderne prête à la calcite relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.
Entretien et rangement
La calcite est tendre et cassante. Elle demande plus de soin que la plupart des pierres de bijou.
Elle se raye facilement. Sa dureté est de 3 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy. La Britannica de 1911 précise qu’un couteau la raye sans peine. Toute pierre de quartz, comme l’agate ou l’améthyste, la marque au moindre frottement.
Elle se fend. Le Handbook lui donne un clivage parfait et la dit cassante. La Britannica de 1911 note qu’elle se clive avec une grande facilité, dans trois directions. Un choc peut en détacher un éclat net.
Elle craint les acides. La calcite fait vivement effervescence au contact d’acides dilués, même froids, selon la Britannica de 1911. Le vinaigre et le jus de citron sont acides : tenez-les à distance, comme les produits ménagers détartrants.
En pratique :
- essuyez-la avec un chiffon doux, légèrement humide si besoin, puis séchez-la ;
- n’employez ni acide ni produit détartrant ;
- rangez-la à part, comme la Gem-A le conseille pour tous les bijoux, pour que les pierres plus dures ne la rayent pas.
Nous n’avons pas trouvé de source sur le nettoyage de la calcite aux ultrasons ou à la vapeur. Par prudence, évitez les deux.
Questions fréquentes
La calcite est-elle de l’onyx ?
Non. L’onyx est une calcédoine, une forme de quartz, dure. L'« onyx-marbre » ou « onyx du Mexique » est une calcite rubanée, d’une dureté d’environ 3, selon le Journal of Gemmology. La Britannica de 1911 réservait déjà le mot « onyx » à la pierre siliceuse.
Quelle différence entre la calcite et l’albâtre ?
Tout dépend de l’albâtre. Selon la Britannica de 1911, l’albâtre des Anciens était une calcite, tandis que l’albâtre d’aujourd’hui est du gypse, plus tendre encore : l’ongle le raye, alors que la calcite cède seulement au couteau.
Comment reconnaître une calcite ?
Par sa tendreté (un couteau la raye), par son clivage en rhomboèdres et, si elle est transparente, par sa double réfraction : une ligne vue au travers paraît doublée. La Britannica de 1911 cite aussi son effervescence au contact d’acides dilués, un test à réserver aux spécialistes.
Pourquoi voit-on double à travers une calcite ?
Parce qu’elle a une très forte double réfraction. La lumière s’y sépare en deux rayons qui suivent des chemins différents. Selon la Britannica de 1911, un objet regardé à travers un rhomboèdre de spath d’Islande apparaît en double.
Peut-on porter un bijou en calcite au quotidien ?
Avec précaution. Sa dureté de 3 et son clivage facile la rendent sensible aux rayures et aux chocs, selon le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911.
Sources
- J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Calcite (PDF)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Calcite » (Wikisource)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Alabaster » (Wikisource)
- R. Webster, Marbles and Other Ornamental Stones, Journal of Gemmology, vol. VI n° 7 (1958), Gem-A (PDF)
- Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery (P. Daly)