Fluorite : la pierre aux couleurs zonées, belle mais tendre

La fluorite est un fluorure de calcium aux couleurs souvent disposées en bandes, violettes, vertes, bleues ou jaunes. C’est une pierre tendre et facile à cliver, belle en bijou mais qui demande des précautions, et c’est elle qui a donné son nom à la fluorescence.
Carte d'identité
Fluorite
CaF₂
- Famille minérale
- Fluorure de calcium
- Dureté (échelle de Mohs)
4 sur 10
- Autres noms
- Fluorine (nom français du minéral), Spath fluor, « Blue John » (variété violette du Derbyshire)
- Origines
- Angleterre (Weardale dans le Durham, Cornouailles, Castleton dans le Derbyshire), France (Var, Puy-de-Dôme, massif du Mont-Blanc), Suisse, Allemagne, Espagne, Russie, États-Unis (Illinois)
- Traitements courants
- Imprégnation de résine pour la consolider (signalée par la Britannica de 1911 pour le « Blue John ») ; Chauffage, qui modifie ou efface la couleur
- Imitations courantes
- Aucune imitation courante signalée par nos sources.
Qu’est-ce que la fluorite ?
La fluorite est un fluorure de calcium, de formule CaF₂ selon le Handbook of Mineralogy. En France, le minéral s’appelle aussi la fluorine, rappelait la Britannica de 1911.
Elle cristallise dans le système cubique, le plus souvent en cubes, parfois combinés à d’autres formes, et forme souvent des cubes maclés qui s’interpénètrent.
Ses couleurs sont très variées : incolore, blanche, violette, bleue, verte, jaune, orange, rouge, rose, brune ou presque noire, selon le Handbook. Elles sont souvent zonées. La Britannica de 1911 précise que ces bandes suivent souvent le contour du cristal.
D’où vient le mot « fluorescence » ?
De la fluorite. La Britannica de 1911 explique que le terme « fluorescence » a été formé sur le nom anglais du minéral, fluor-spar, comme « opalescence » l’a été sur l’opale. La même encyclopédie cite une fluorite verte d’Alston Moor, en Angleterre, qui brille en violet.
Elle signale aussi que beaucoup de fluorites sont thermoluminescentes : elles luisent quand on les chauffe modérément.
Quelle est sa dureté ?
4 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911. La fluorite est même l’une des dix pierres qui définissent cette échelle : elle en est la référence du degré 4, entre la calcite et l’apatite. La Britannica date l’échelle de 1820, le GIA de 1822 : les sources ne s’accordent pas sur l’année.
Concrètement, la Britannica note qu’un couteau la raye. Le quartz, à 7, la raye aussi sans peine.
Elle a surtout un clivage parfait, selon le Handbook : elle se fend facilement le long de plans parallèles aux faces d’un octaèdre. Un choc peut la fendre ou l’ébrécher.
Une pierre trop tendre pour les bijoux ?
La Britannica de 1911 le pensait : elle jugeait la fluorite trop tendre pour la parure, mais belle pour des vases et des objets d’ornement.
Si vous en portez une, il faut le savoir : avec sa dureté de 4, la fluorite est l’une des pierres les plus tendres de nos fiches, avec la malachite et la howlite. La Gem-A rappelle que les pierres de dureté inférieure à 7 sont relativement tendres et demandent une attention particulière.
Où la trouve-t-on ?
La fluorite est très répandue. Le Handbook of Mineralogy cite notamment :
- l'Angleterre : Cornouailles, Weardale dans le comté de Durham, Castleton dans le Derbyshire ;
- la France : Bex dans le Var, Le Beix dans le Puy-de-Dôme, le massif du Mont-Blanc près de Chamonix ;
- la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne (Asturies) et la Russie.
La Britannica de 1911 ajoutait les États-Unis, où elle était exploitée notamment à Rosiclare, dans l’Illinois. Elle servait alors surtout à la métallurgie, à la fabrication de l’acide fluorhydrique et de certains verres et émaux.
La fluorite est-elle traitée ?
Nous n’avons trouvé de traitement décrit que dans la Britannica de 1911, pour le Blue John du Derbyshire :
- la résine : très cassante, cette fluorite était souvent renforcée par de la résine pour pouvoir être tournée ;
- la chaleur : une variété violet sombre, appelée par les ouvriers « bull beef », pouvait prendre à la chaleur une riche teinte d’améthyste.
Nous n’avons pas trouvé de source récente et fiable sur les traitements ou les imitations courants de la fluorite en bijouterie. Nous n’en citerons donc pas d’autres.
Ce que dit la loi française. Une imprégnation de résine est un traitement à déclarer, par la mention « traitée » ou l’indication du traitement (décret n° 2002-65, article 2).
Comment reconnaître une fluorite ?
- Les couleurs en bandes, souvent violettes et vertes, parallèles aux faces du cristal.
- La forme cubique à l’état brut.
- La faible dureté : elle se raye facilement. Ne le testez pas sur un bijou.
- Le laboratoire : son indice de réfraction, très bas (1,433 à 1,448 selon le Handbook), se mesure au réfractomètre.
Notre guide pour entretenir ses pierres rappelle les précautions à prendre avec les pierres tendres.
Vertus de la fluorite selon la tradition
Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.
Les « vertus » de la fluorite sont des croyances. Son histoire, elle, est surtout celle d’un minéral utile, qui a donné son nom à un phénomène physique.
Un minéral qui fait fondre
Selon l'Encyclopædia Britannica de 1911 et le Handbook of Mineralogy, son nom vient du latin fluere, « couler » : on l’ajoutait comme fondant dans la métallurgie, car elle fond facilement et aide les autres minéraux à fondre.
Le « Blue John » du Derbyshire
La Britannica de 1911 décrit une fluorite violet sombre du Derbyshire, en Angleterre, appelée localement « Blue John », très appréciée pour l’ornement. On la trouvait presque uniquement près de Castleton. Elle était si cassante qu’on la renforçait souvent avec de la résine avant de la tourner.
Les vases de murrhe ?
Selon la même encyclopédie, l’antiquaire italien Francesco Corsi pensait que la fluorite était la matière des célèbres vases de murrhe de l’Antiquité. C’est une hypothèse, que la Britannica rapporte sans la trancher.
Aujourd’hui
Les vertus que la lithothérapie moderne prête à la fluorite relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.
Entretien et rangement
La fluorite est tendre : 4 sur l’échelle de Mohs, selon le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911. Elle est même la pierre de référence du degré 4 de cette échelle. Un couteau la raye, et le quartz aussi. La Britannica la jugeait même trop tendre pour la parure.
Elle a surtout un clivage parfait, selon le Handbook : elle se fend facilement le long de certains plans, et un choc peut l’ébrécher.
La chaleur peut changer sa couleur, selon la Britannica de 1911. Tenez-la loin des sources de chaleur.
Nous n’avons pas trouvé de consigne de nettoyage propre à la fluorite dans les sources lues. La règle générale de la Gem-A pour les bijoux s’applique : brosse douce et eau savonneuse. Rangez-la seule, loin de toutes les autres pierres.
Questions fréquentes
La fluorite est-elle fragile ?
Oui. Elle n’a qu’une dureté de 4 sur l’échelle de Mohs et un clivage parfait, selon le Handbook of Mineralogy : elle se raye et se fend facilement. La Britannica de 1911 la jugeait même trop tendre pour la parure.
D’où vient le mot fluorescence ?
De la fluorite. Selon la Britannica de 1911, le terme a été formé sur le nom anglais du minéral, fluor-spar, comme « opalescence » l’a été sur l’opale, parce que certaines fluorites brillent sous certains rayonnements.
Qu’est-ce que le Blue John ?
Une fluorite violet sombre du Derbyshire, en Angleterre, extraite presque uniquement près de Castleton, selon la Britannica de 1911. Très cassante, elle était souvent consolidée avec de la résine pour être travaillée.
Pourquoi la fluorite est-elle rayée de plusieurs couleurs ?
Selon la Britannica de 1911 et le Handbook of Mineralogy, ses couleurs sont souvent disposées en zones, qui suivent le contour du cristal. Cette couleur peut être modifiée ou effacée par la chaleur.
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Sources
- J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Fluorite (Mineralogical Society of America, PDF)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Fluor-spar » (Wikisource)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Mineralogy » (Wikisource)
- GIA, Mohs Scale – Gem and Mineral Hardness (2012)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Fluorescence » (Wikisource)
- Gem-A, Buying Guide: The Best Ways To Care For Gemstone Jewellery (P. Daly)
- Légifrance, décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, article 2