Pyrite : l'« or des fous », un sulfure de fer qui craint l’humidité

La pyrite est un sulfure de fer, d’un jaune laiton brillant, qui pousse souvent en cubes parfaits ; sa couleur l’a fait surnommer « or des fous », mais ce n’est pas de l’or. Assez dure mais cassante, elle craint surtout l’humidité, qui peut la décomposer peu à peu.
Carte d'identité
Pyrite
FeS₂
- Famille minérale
- Sulfure de fer
- Couleurs
- Jaune
- Dureté (échelle de Mohs)
6 à 6,5 sur 10
Échelle ordinale : elle classe les minéraux du plus tendre au plus dur, sans mesurer l'écart entre deux degrés.
- Autres noms
- Or des fous (ce n’est pas de l’or), Pyrite de fer, Marcasite (ancien nom, aujourd’hui un autre minéral)
- Origines
- Espagne (province de Logroño, La Rioja), Italie (île d’Elbe, Piémont), Pérou, États-Unis (Colorado, Arizona, Illinois), Kazakhstan
- Traitements courants
- Aucun traitement courant signalé par nos sources.
- Imitations courantes
- Confusion de nom avec la marcasite, un autre minéral de même formule
Qu’est-ce que la pyrite ?
La pyrite est un sulfure de fer, de formule FeS₂. Le Handbook of Mineralogy la décrit comme le sulfure le plus abondant et le plus répandu.
Elle est opaque, d’un jaune laiton pâle à l’éclat métallique très vif. Avec le temps, sa surface peut se ternir, foncer ou prendre des reflets irisés, selon le Handbook.
Elle est aussi lourde : sa densité est d’environ 5, selon le Handbook.
Pourquoi forme-t-elle des cubes ?
Parce qu’elle cristallise dans le système cubique. Le Handbook of Mineralogy décrit des cristaux en cubes, en octaèdres ou en dodécaèdres à faces pentagonales, parfois de plus de 25 cm. Leurs faces sont souvent striées, et les stries d’une face sont perpendiculaires à celles des faces voisines, précise la Britannica de 1911.
Le Handbook cite parmi les gisements de beaux cristaux la province de Logroño, en Espagne, et le gisement de Navajún, d’où viennent des groupes de cubes comme celui de notre photo.
Pourquoi l’appelle-t-on « or des fous » ?
Parce qu’elle a été prise pour de l’or. La Britannica de 1911 explique que sa couleur jaune laiton la faisait parfois confondre avec l’or, d’où son surnom populaire d'« or des fous ».
Ce n’est pas de l’or. C’est un sulfure de fer. La même encyclopédie note d’ailleurs un paradoxe : de l’or est souvent présent dans la pyrite, et, dans de nombreux districts aurifères, c’est surtout de cette pyrite que l’on extrait l’or.
Pyrite ou marcasite ?
C’est la confusion de nom la plus fréquente. La pyrite et la marcasite ont la même formule, FeS₂, mais pas la même structure cristalline :
| Pyrite | Marcasite | |
|---|---|---|
| Système cristallin | Cubique | Orthorhombique |
| Couleur | Jaune laiton pâle | Jaune bronze pâle, blanc d’étain sur cassure fraîche |
| Dureté (Mohs) | 6 à 6,5 | 6 à 6,5 |
| Stabilité | Plus stable | Moins stable, se décompose à l’air humide |
| Source | Handbook ; Britannica 1911 | Handbook ; Britannica 1911 |
Le mot « marcasite », d’origine arabe, a longtemps désigné la pyrite elle-même, selon la Britannica de 1911 et le Handbook of Mineralogy. Il n’a été réservé à l’autre minéral qu’en 1845, par le minéralogiste Wilhelm Haidinger.
Dans le commerce des bijoux anciens, on parle encore de bijoux « en marcasite ». Nous n’avons pas trouvé de source institutionnelle qui dise de quel minéral ils sont faits. Nous ne pouvons donc pas l’affirmer : demandez au vendeur.
La pyrite dans le lapis-lazuli
Les paillettes dorées du lapis-lazuli sont de la pyrite, selon le GIA. Notre fiche sur le lapis-lazuli explique pourquoi un peu de pyrite bien répartie n’enlève rien à la pierre, alors que trop de pyrite lui donne un aspect terne.
Pourquoi la pyrite craint-elle l’humidité ?
Parce qu’elle peut se décomposer. Le service des parcs nationaux américains (National Park Service), dans une fiche de conservation de 1998, décrit ce que les conservateurs appellent en anglais pyrite decay, la décomposition de la pyrite :
- au contact de l’eau et de l’oxygène de l’air, la pyrite se transforme en sulfate de fer ;
- ce sulfate occupe plus de place que la pyrite : le spécimen se fissure et se brise ;
- la réaction produit aussi de l'acide, qui l’abîme davantage ;
- au bout du compte, il ne reste qu’une poudre jaune-gris ;
- le phénomène peut être déclenché au-dessus de 60 % d’humidité relative, et s’accompagne d’une odeur de soufre.
La Britannica de 1911 décrivait déjà deux altérations : un brunissement de la surface, et une décomposition en sulfate de fer avec de l’acide. Elle jugeait la marcasite encore plus fragile, au point que des spécimens de collection s’étaient complètement désagrégés.
Ces observations portent sur des spécimens de musée. Nous n’avons pas trouvé de source propre aux bijoux en pyrite, mais la prudence est simple : garder la pyrite au sec.
La pyrite est-elle traitée ou imitée ?
Nous n’avons trouvé, dans les sources lues, aucun traitement ni imitation courants de la pyrite. La confusion la plus documentée est celle de son nom avec la marcasite.
Comment reconnaître la pyrite ?
- La couleur : jaune laiton pâle, métallique, opaque.
- La forme : souvent des cubes, aux faces striées.
- Le poids : une matière lourde, d’une densité d’environ 5.
- Le trait, c’est-à-dire la couleur de sa poudre : noir verdâtre à noir brunâtre, selon le Handbook. Obtenir ce trait abîme la pierre : ne le faites jamais sur un bijou.
Notre fiche sur l'hématite, autre minéral de fer à l’éclat métallique, explique comment la reconnaître à son tour. Pour les autres pierres d’un bracelet, notre guide pour entretenir ses pierres donne les précautions utiles.

Vertus de la pyrite selon la tradition
Ce que dit la tradition : des croyances, pas des faits établis.
Les « vertus » de la pyrite sont des croyances. Son histoire, elle, est d’abord celle d’un outil.
La pierre qui fait du feu
Son nom vient du grec pyr, le feu, selon le Handbook of Mineralogy et la Britannica de 1911 : frappée violemment, la pyrite fait jaillir des étincelles, comme le silex. Les Grecs parlaient d’une « pierre qui fait du feu ».
La Britannica de 1911 rapporte que des nodules de pyrite ont été trouvés dans des tombes préhistoriques, dans des conditions qui laissent penser qu’ils servaient à allumer le feu. Bien plus tard, on en employait encore dans certaines armes à feu anciennes, à platine à rouet.
L'« or des fous »
Sa couleur jaune laiton l’a fait confondre avec l’or, d’où son surnom populaire d'« or des fous », rapporte la Britannica de 1911. Ce n’est pas de l’or : c’est un sulfure de fer.
Aujourd’hui
Les vertus que la lithothérapie moderne prête à la pyrite relèvent de la croyance. Aucune n’est établie.
Entretien et rangement
La pyrite est assez dure, 6 à 6,5 sur l’échelle de Mohs, mais cassante, selon le Handbook of Mineralogy : un choc peut l’ébrécher.
Surtout, elle craint l’humidité. Le service des parcs nationaux américains explique que la pyrite des collections peut réagir avec l’eau et l’oxygène de l’air, se transformer en sulfate de fer, se fissurer et finir en poudre, en produisant de l’acide. Ce phénomène, observé sur des spécimens de musée, peut être déclenché au-dessus de 60 % d’humidité relative.
Nous n’avons pas trouvé de source propre aux bijoux en pyrite. Par prudence : essuyez-la avec un chiffon doux et sec, ne la trempez pas, séchez-la si elle a été mouillée, et rangez-la dans un endroit sec.
Questions fréquentes
La pyrite est-elle de l’or ?
Non. C’est un sulfure de fer, de formule FeS₂. Sa couleur jaune laiton l’a fait confondre avec l’or, d’où son surnom d'« or des fous », selon la Britannica de 1911.
Pourquoi la pyrite forme-t-elle des cubes ?
Parce qu’elle cristallise dans le système cubique. Selon le Handbook of Mineralogy, ses cristaux sont souvent des cubes, des octaèdres ou des dodécaèdres à faces pentagonales, parfois de plus de 25 cm, avec des faces striées.
Quelle différence entre pyrite et marcasite ?
Elles ont la même formule, FeS₂, mais pas la même structure : la pyrite est cubique, la marcasite orthorhombique. Selon la Britannica de 1911, le nom « marcasite » a longtemps désigné la pyrite, avant d’être réservé à l’autre minéral en 1845.
La pyrite peut-elle s’abîmer avec le temps ?
Oui. Le service des parcs nationaux américains décrit une décomposition de la pyrite des collections au contact de l’humidité et de l’air : elle se fissure et finit en poudre. Gardez-la au sec.
Les paillettes dorées du lapis-lazuli sont-elles de la pyrite ?
Oui, selon le GIA. Notre fiche sur le lapis-lazuli explique pourquoi un peu de pyrite bien répartie n’enlève rien à la pierre.
Sources
- J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Pyrite (PDF)
- J. W. Anthony et al., Handbook of Mineralogy : Marcasite (PDF)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Pyrites » (Wikisource)
- Encyclopædia Britannica, 11e édition (1911), « Marcasite » (Wikisource)
- National Park Service, Conserve O Gram 11/2 : Storage Concerns for Geological Collections (1998, PDF)
- GIA, Gem Encyclopedia : Lapis Lazuli